Projets (1984 – 2009)

tête projet

A l’annonce du choix de Los Angeles comme ville d’accueil des Jeux Olympiques de 1984, Stellest fonde un comité constitué d’artistes américains et européens ; d’un groupe de scientifique de la NASA dont le Professeur Claude Michaux ; et de quelques esprits éclairés. Leur proposition : contribuer à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques par un spectacle combinant la musique, les média, la science, le théâtre et les arts plastiques.

Le comité souhaite proposer un spectacle d’une ampleur technique alors inégalée, en reconstituant une histoire chronologique des Jeux Olympiques, de la Grèce Antique à la redécouverte des Jeux par le Baron Pierre de Coubertin, et enfin, en proposant une projection dans le future avec une représentation des Jeux Olympiques dans l’espace, telle que les ingénieurs de la NASA pouvaient alors les concevoir.

Ils imaginent utiliser vingt et un écrans placés dans le stade olympique afin de diffuser les images contribuant au spectacle ; à l’époque où personne n’utilisait encore d’écrans géants, pas même pour les concerts. Le projet, suivi avec intérêt par le comité d’organisation des Jeux Olympiques de la ville de Los Angeles, sera baptisé le Projet Equinoxe. Les ressources techniques alors encore difficiles d’accès dans un délai relativement court pour une telle organisation –deux ans- décourageront finalement le comité de la ville après une longue période de considération.

Ainsi s’acheva donc le Projet Équinoxe…

Au début des années 90, juste après la chute du mur de Berlin, Stellest fait la connaissance du poète Allemand Ulrich Zieger. Il ne faut que peu de temps aux deux artistes pour sympathiser et commencer une collaboration productive qui donnera le jour à deux ouvrages.

En 1992, Ulrich Zieger écrit ‘Grosse beruhigte Körper, illustré par des dessins de Stellest. Peu de temps après, en 1994, paraît le recueil de poèmes ‘Schwartzland’, lui aussi illustré par des dessins cosmiques de Stellest. Ulrich Zieger obtient avec ce livre le premier prix de poésie de l’Allemagne réunie.

Les deux bouquins sont édités par la Druckhaus Galrev, maison d’édition renommée d’ex Allemagne de l’Est. On ne découvrira que plus tard lors de la déclassification des archives soviétiques, que bien qu’ayant édité des poètes de renommée internationale tels que Sacha Anderson, Ulrich Zieger ou le peintre Ar Penck ; certains membres de la maison d’édition appartenaient à la Stasie (police politique) et qu’à ce titre, la compagnie était cofinancée par la Stasi. Cette découverte provoquera un vaste scandale dans le paysage culturel Allemand avant que tout rentre dans l’ordre à la fin des années 1990.

Enfin, la démocratie !

Die Welt, 2 Février 1992

« Ils chantèrent à la lune des mélodies ancestrales »

Né en 1961 dans la ville saxonne de Döblen, Ülrich Zieger grandit à Magdeburg avant de s’établir à Prenzlauer Berg. Alors que la RDA entre dans sa phase finale, c’est là qu’il écrit son recueil de poèmes « Mille neuf cent soixante-cinq ». Il choisit pour sujet la résurrection d’un enfant de quatre ans emporté par la mort aux côtés de sa mère. Cet enfant était le camarade de jeu de Zieger. C’est en France, à Montpellier, où  le trentenaire vit aujourd’hui - il a quitté la RDA quelques mois avant la chute du mur - que paraît son récit « La gloire douteuse de trois poètes  ». Ce second livre raconte l’angoisse de se faire repérer dans l’état où sévit la Stasi, la terrible police politique de la RDA.

Ces deux livres figurent parmi les meilleurs de la littérature contemporaine allemande. Ils sont remarqués par ARENA, mais la plupart des librairies ne les diffusent pas.

Le troisième livre de Zieger, publié sous le titre « Grands corps tranquilles », illustré par l’artiste suisse de l’Art Cosmique Patrice Stellest, a toutes les chances de bénéficier du simple bouche à oreille des initiés. Il est cependant possible de le commander directement auprès de l’éditeur Druckhaus Galrev, O-1058 Berlin, Lychener Straße 73.

La Druckhaus Galrev est une maison d’édition établie à Prenzlauer Berg. Mais Prenzlauer Berg, ce n’est pas seulement Sascha Anderson ou Rainer Schedlinski. Il faut justement avoir Prenzlauer Berg en tête à la lecture du nouveau recueil de poèmes de Zieger. Ce quartier était pour lui une protection face à la destruction ; face à l’autodestruction. Prenzlauer Berg était un élément qui enfermait, cadenassait, en plein état carcéral que représentait la RDA. Un lieu sombre sur un terrain lumineux, en quelques sortes. Un lieu sombre, dans lequel Zieger opposait le sens de la réalité à celui du possible ; à la recherche des coloris d’une richesse épuisée.

Cette richesse épuisée, c’était celle de l’ancienne littérature d’un Walther von der Vogelweide, celle des anciennes formes de la poésie. Le recours utilisé par Zieger représente l’unique possibilité de saisir les choses dans leur essence, par une transposition du regard infaillible dans la réalité du langage.

Dans les « Grands corps tranquilles », Zieger voyage à travers l’Occident, accompagné de ses amis. Les murs sont tombés. Le savoir du temps de l’enfermement - « ils chantaient à la lune des mélodies ancestrales » - n’a plus d’attache géographique, mais semble pourtant éternellement construire son nid. L’utopie est l’avenir du passé, elle se réalise dans sa commémoration. La lumière vient des ténèbres : « un fou, qui part en recherche, si telle est sa quête, pour observer seulement... ».

En 1994, la ville de Marseille se lance dans le projet de construire une salle de spectacle en forme de Dôme, depuis devenue un lieu culturel incontournable du sud de la France. Quatre artistes sont alors contactés afin de soumettre un projet d’œuvre d’art : Barbara Kruger, Matt Mulican, Yann Kersalet et Patrice Stellest.

Patrice Stellest développe alors un concept de sculpture cosmique, suivant les concepts de globalité spatio-temporelle développés parallèlement par le physicien Américain Dr Michio Kaku dans ses recherches de physique Quantique, et sa continuation du travail d’Albert Einstein sur la Théorie du Tout.

Stellest propose donc d’utiliser trois diodes puissantes disposées sur, et de part et d’autre du dôme. Dans cette esprit, la diode placée devant le dôme, bleue, représente l’étoile Véga : là où se dirige notre galaxie/ Le futur.

La diode posée derrière le dôme, jaune, représente la constellation du Gémeaux. Ce dont notre univers s’éloigne/ Le passé.

Au sommet du dôme, trône une dernière diode, bleue, en corrélation avec le point situé à l’opposé de la planète, dans l’océan Austral. Ces deux coordonnées reliées par le point correspondant au centre de la terre déterminent une droite balayant l’espace de part et d’autre de la terre, telle les aiguilles d’un compas; inscrivant la position de la planète, et du dôme de Marseille dans l’espace et le temps.

De part et d’autre de la diode située au sommet du dôme, Stellest dispose deux diodes rouges, symboles de la lune et du soleil.

Le but ici est d’inscrire la culture humaine dans l’intégralité du monde. Dans le projet, l’ensemble de l’installation fonctionne à l’énergie solaire.

Stellest propose avec son projet un accès universel à la culture et à la conscience de l’espace temps infini.

Malheureusement, le projet ne pourra aboutir en raison du dépassement du budget général, et de l’annulation du budget alloué à l’art. Une fin bien matérielle à un projet universel.

Le 20 Avril 2010, Une plateforme pétrolière exploitée par la compagnie BP explose au large de la Louisiane. Cette catastrophe est confirmée comme la plus grave marée noire jamais déclenchée par l’Homme avec l’équivalent approximatif de  500 000 litres de pétrole et de gaz relâchés chaque jour dans l’océan à partir de trois points de fuite. Durant six semaines, les chercheurs de BP et du gouvernement américain multiplient les tentatives afin de colmater les fuites, mais dans l’empressement, ils cumulent les échecs.

Fin Mai 2010, Stellest, qui défend depuis toujours le fait que les artistes peuvent contribuer à réagir à de telles situations, répond à l’initiative Horizon Support. Il contacte BP et expose les concepts de deux structures susceptibles de contribuer à l’amélioration de la situation. BP lui demande alors de transmettre des croquis, schémas d’artistes illustrant ses idées, qui puissent être étudiés par les ingénieurs.

Voici deux dessins basiques envoyés par Stellest, afin de vous donner une référence visuelle des deux projets distincts.

Quelques jours plus tard, BP rentre en contact avec Stellest afin de lui faire part du fait que les ingénieurs sont en mesure d’inclure certaines idées développées par lui afin de mettre un terme aux fuites sur un projet à plus long terme.

PLAN A

Division des forces de pression Ici, deux structures submersibles d’acier soudé, installées l’une sur l’autre. Le système est dessiné pour diviser la pression énorme des fluides et gaz issus de la source, combinée à celle de l’eau. J’ai indiqué en rouge le sens de circulation des fluides, coulant vers les tours en entonnoir, installées au dessus de la structure. En fonction du nombre de zones d’évacuation installées sur chaque entonnoir, la pression peut être divisée plus avant. J’ai conçu une spirale d’acier placée à l’intérieur de chaque entonnoir, animée par le courant des liquides issus de la source. Cela vise à éviter la cristallisation des fluides et donc une bouchure des tuyaux. Les parois d’acier des structures sont vissées et soudées ensemble en parallèle, et soutenues par quatre axes en acier.

PLAN B

Ici, un bunker submersible en forme de dôme placé au dessus de la source. De part et d’autre du dôme, on place deux entonnoirs d’évacuation équipées de deux zones d’évacuation des fluides ou plus. Les ailes sont constituées de parois soudées en acier renforcé, connectées et renforcées par des axes soudés. Autour du dôme, je conçois une vaste cage fixant une toile hyper résistante recouvrant la zone externe du dôme. Ce, pour éviter des fuites éventuelles, dans la mesure où je ne connais pas la topographie sous-marine exacte du site.

En Mars 2009, Stellest se rend à Londres afin de participer au tournage d’un court métrage réalisé par son fils Pablo. La production, appelée Pass :on, met en scène huit peintres et musiciens, et explore les potentiels du collectif, induits dans l’expression individuelle de la passion. Peut-être le pitch vous éclairera-t-il plus avant sur la question…

Pass:on

Nous ne faisons pas tous le choix de l’exprimer, mais l’énergie créative que nous appelons la passion vit en chacun de nous. Ce document explore donc la passion à travers des artistes, qui ont fait le choix de vivre avec, et pour cette énergie.

8 artistes ont été filmés indépendamment:

4 peintres qui ne se connaissaient pas ont accepté de peindre une représentation de leur passion sur 2m d’une fresque de 8x1,5m; alors que l’équipe de tournage capturait les expressions corporelles des artiste, en plein processus de création.

                :

Quatre musiciens qui ne se connaissaient pas ont accepté d’improviser une expression de leur passion, jouant autour d’un rythme et d’une harmonie définie par eux, au fil de la production; créant ainsi un morceau de musique original.

Aussi bien qu’une expression de la passion individuelle, ce film explore le potentiel des collaborations expérimentales au sein des processus créatifs.

Aucune des personnes impliquées ne connaissaient en amont, le résultat obtenu.

Pass:on

Antoine Muller est un jeune batteur de Jazz de formation. Il est l’invité régulier de festivals tels que le festival de jazz d’Avoriaz, en France, et est en train d’émerger comme un talent de la scène électro française avec son projet Onetwop. https://myspace.com/onetwop

Kabira Alieva : « La nature est devenue une source d’inspiration indissociable de mon art, et se définit doucement comme la direction vers laquelle mon art se dirige. En même temps, la nostalgie de Baku, ma ville d’origine, s’infiltre dans mon travail, fortifiant mon identité culturelle. En tant qu’Azéri, je souhaite partager mes racines et ma culture avec le reste du monde. » http://www.kabira.mysite.com/

Karl Rasheed Abel est un jeune contrebassiste britannique. Il est permanemment en concert partout dans le monde avec différentes formations jazz et funk. Après seulement quelques années de contrebasse, il est considéré dans le monde de la musique comme l’un des autodidactes les plus talentueux de sa génération.

STELLEST

Amanda Whiting est une harpiste classique et jazz de renommée internationale, notamment pour sa collaboration avec « le petit prince du jazz’ Jamie Cullum, ou encore Dannii Minogue. De plus, elle est connue pour son implication dans de nombreux concerts de charité.
http://www.amandawhiting.com/

Axel Veison est un jeune artiste du sud de la France. Il a étudié aux beaux arts à Aix en Provence et à Paris. Il est plus connu pour son hommage à Mario Prassinos, et ses encres. Il vit et peint à Paris.

John Altman est un saxophoniste compositeur de renom, connu pour avoir joué et composé pour et avec des artistes tels que Jimi Hendrix, Sting, Tina Turner ou encore Bob Marley. Il a aussi composé de la musique pour des films comme Titanic ou encore Goldeneye. Quand il a reçu la proposition du projet il a répondu : « Bien entendu je vais le faire ! Vous savez, quand vous êtes musicien, vous jouez ! Qu’est-ce que vous allez faire d’autre ?! »
En savoir plus sur John Altman

Silvia Krupinska. Ses œuvres ont fait parti d’expositions de groupe tenues dans des lieux tels que le Rich Mix Cultural Center, l’Oxo Gallery, ou le Triangle Space à Londres. Elle a aussi reçu des commissions pour des projets d’art particuliers tels que le EU-Art-Network symposium de Linz, capitale européenne de la culture en 2009, en Autriche, qui s’est terminé par des expositions à Eisenstadt ainsi qu’à la Biennale de Venise.

Margareta Nystrom

Productrice

Ali Albelooshi

Directeur de la Photographie

Pablo Daniel Magee  -  Réalisateur

Pablo Magee est diplômé avec mention d’excellence de l’Université de Greenwich, à Londres, où, entre autre chose, il étudie le film. Son intérêt pour l’art, la philosophie et la musique, appuyés par son expérience de guitariste amateur de jazz, son travail au sein de la galerie d’art Stephen Lawrence de Londres et son travail ponctuel en régie de grosses productions hollywoodiennes ; ont amorcé une réflexion portant sur les différents processus de création. Le court-métrage Pass :on, concrétisé avec l’aide de la productrice Margareta Nystrom, et le caméraman Ali Albelloshi, est un résultat de cette réflexion. http://www.myspace.com/pablomagee/